Anne-Bénédicte Joly

Écrivain

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Au tour de Londres - Extrait

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Après avoir passé une nuit blanche à se demander s'il fallait ou non alerter la police et risquer de mettre la vie de Grace en jeu, Reggie décida, le lendemain matin, de partir sur les traces du ravisseur. Il passa la journée dans les rues et les ruelles jouxtant la propriété des Whitton. En vain. Alors qu'il commençait à désespérer, au détour d'une rue sombre et étroite de Marylebone, il crut reconnaître la silhouette du voleur. Discrètement il s'approcha de l'homme et se posta à l'angle d'un mur. Son regard fut attiré par une petite chaîne qui dépassait de la poche du voleur et qui ressemblait à s'y méprendre à un bijou de Grace. A ce moment, et parce qu'il s'était approché trop près, l'homme, se sentant épié, fit soudain volte-face et repéra immédiatement Reggie. Avant que ce dernier ait eu le temps d'esquisser le moindre mouvement, l'homme s'enfuit à grandes enjambées. Reggie se lança à sa poursuite en criant : « Arrêtez-le ! Au voleur ! »
Au même moment, non loin de là, Grace se trouvait en-chaînée dans une maison sale et malodorante du quartier St Gilles. Ses pieds et ses mains étaient ligotés et elle était attachée au cou par une longue corde passée dans un solide anneau de fer scellé dans le mur à côté d'une cheminée allumée. Le feu commençait à s'éteindre et bientôt il ne resta plus que des braises. Grace, tenaillée par la faim et épuisée, cherchait désespérément un moyen pour s'évader. Elle re-garda autour d'elle et découvrit un tison à sa portée. Tirant au maximum sur la corde, elle parvint à le faire rouler jusqu'à elle. Elle fit d'abord brûler les liens qui lui enserraient les pieds, puis ceux des mains. De grosses traces rouges restèrent gravées sur ses chevilles. Elle détacha la corde puis, malgré ses blessures, elle se leva et s'enfuit aussi vite qu'elle put.
Reggie, de son côté, avait encore perdu le voleur de vue et il s'apprêtait à rentrer chez lui. Passant par St Gilles, il re-connut Grace qui avançait péniblement dans la rue et alla à sa rencontre.
- Grace ! Mais comment t'es-tu échappée ?
- Je te raconterai plus tard, articula-t-elle péniblement, visiblement en état de choc.
Ils regagnèrent la City sans un mot, préoccupés. Une fois arrivés, ils se concertèrent.
- Grace, sais-tu où se cache le voleur ?
- Non, je n'en n'ai pas la moindre idée. Toi non plus ?
- Non. Je l'ai poursuivi pendant quelques instants mais il a réussi à me distancer. Il semblait partir en direction de la gare de Paddington.
- Je pense qu'il est parti à la gare pour quitter Londres. Du moins, c'est ce qu'il a laissé entendre après m'avoir attachée.
- Grace, reste là, je vais prévenir les bobbies et nous irons arrêter le voleur.
Joignant le geste à la parole, il sortit de la maison et alla au poste de police.
- Monsieur, monsieur ! Vous avez sans doute entendu parler du vol du collier de la comtesse Whitton ?
- Oui bien sûr !
- Je sais où est le voleur. Il est en ce moment même en route pour la gare de Paddington.
- Vous en êtes certain ?
- Absolument.
- Alors, allons l'arrêter.
Quelques minutes après, Reggie et trois agents tentèrent de repérer le voleur dans la gare bondée de monde. Ils décidèrent de se séparer après que Reggie eût dressé un portrait robot sommaire du voleur. Soudain, il l'aperçut au beau milieu de la foule. Il adressa un signe à un agent et courut vers le voleur qui s'apprêtait à monter dans un train. L'agent qui était le plus proche de Reggie avertit ses collègues en sifflant aussi fort qu'il le put. Ils se ruèrent tous les quatre sur le suspect en se frayant un chemin au milieu des passants et des badauds.
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